Outre-mer
L'outre-mer ouvre une voie d'exercice plus rapide, sans EVC ni parcours de consolidation. Mais l'autorisation reste territoriale. Quels territoires, quel régime, et la passerelle vers le plein exercice national.
8 min de lecture · Publié le 19 juin 2026 · Mis à jour le 7 septembre 2026
L'outre-mer connaît une pénurie médicale forte. L'article L. 4131-5 du code de la santé publique y ouvre un dispositif dérogatoire : une autorisation délivrée par l'agence régionale de santé, sur un nombre de postes fixé chaque année par arrêté, sans passer par les EVC ni le parcours de consolidation.
C'est une vraie opportunité. Mais elle a des limites précises qu'il faut connaître avant de s'engager, à commencer par le nombre de postes et les dates de dépôt.
Le dispositif dérogatoire ne s'applique pas partout de la même façon. Plusieurs territoires en relèvent ; d'autres suivent le régime national ou un régime local propre.
Pour les quatre territoires qui relèvent du dispositif, le nombre de postes n'est pas le même : ce sont les chiffres de la campagne ouverte par l'arrêté du 5 août 2026, et ils changeront au prochain arrêté.
Le chiffre affiché pour Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy est celui du bloc « Guadeloupe » de l'annexe de l'arrêté : la répartition entre les trois collectivités, qui relèvent du même guichet, n'est pas précisée.
| Dispositif outre-mer | Régime applicable | Postes ouverts (arrêté du 5 août 2026) | |
|---|---|---|---|
| Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy | Oui | Autorisation sur dossier (commission territoriale) | 89 |
| Martinique | Oui | Autorisation sur dossier (commission territoriale) | 4 |
| Guyane | Oui | Autorisation sur dossier (commission territoriale) | 173 |
| Mayotte | Oui, depuis 2024 | Autorisation sur dossier (commission territoriale) | 37 |
| Saint-Pierre-et-Miquelon | Oui | Demande au représentant de l'État | Non recensé dans l'annexe 2026 consultée |
| La Réunion | Non | Régime national : autorisation provisoire, puis EVC | Sans objet, régime national |
| Nouvelle-Calédonie | Non | Régime local propre (santé de compétence territoriale) | Sans objet, régime local |
| Polynésie française | Non | Régime local : autorisation nationale requise au préalable | Sans objet, régime local |
| Wallis-et-Futuna | À confirmer | Agence de santé de l'État | À confirmer |
Le dispositif n'ouvre pas un droit à déposer un dossier quand vous le souhaitez. Chaque campagne est ouverte par un arrêté du ministre chargé de la santé, qui fixe le nombre de postes par territoire, structure d'accueil, profession et spécialité, et borne les dates de dépôt.
Le nombre de postes de l'arrêté ne suffit pas à qualifier une piste. Le dépôt se fait exclusivement sur demarche.numerique.gouv.fr, jamais par courriel ni par voie postale, et chaque spécialité y a son propre guichet, ouvert ou fermé indépendamment des autres et indépendamment de la fenêtre de l'arrêté. Aucune de ces pages n'affiche de date de clôture : un guichet peut être fermé pour une spécialité un jour donné et rouvrir sans préavis, il faut donc vérifier l'état du guichet de la spécialité visée au moment de candidater, pas seulement la fenêtre de l'arrêté.
La plateforme demande aussi une attestation d'inscription à l'Ordre du pays d'origine datant de moins de douze mois, une pièce absente du décret : pour un praticien inscrit dans un ordre hors de France, le délai pour l'obtenir devient un point critique du calendrier de candidature.
La pratique d'une agence régionale de santé ou de la plateforme peut par ailleurs différer de ce que dit l'arrêté. La conduite à tenir : traiter la date de l'arrêté comme ferme, vérifier le guichet de la spécialité visée, poser la question à l'ARS du territoire, et ne jamais considérer que le dépôt reste possible après cette date.
Le décret fixe une liste limitative de sept pièces : le formulaire de candidature avec la spécialité, les diplômes permettant l'exercice dans le pays d'obtention et le titre de spécialiste, le formulaire de vœux d'affectation qui classe les postes ouverts par l'arrêté, une pièce d'identité, un CV détaillé, une déclaration d'absence de sanctions de moins d'un an délivrée par l'autorité du pays d'exercice, et les justificatifs de formation continue et d'expérience.
Ce qui ne figure pas dans cette liste compte autant que ce qui s'y trouve. Ni durée minimale d'exercice, ni attestation de maîtrise du français n'y sont exigées, alors que les deux autres portes d'entrée le font. De ce point de vue, c'est le dispositif dont la barrière documentaire est la plus basse, et des praticiens s'en détournent en croyant ne pas remplir des conditions qui ne leur sont pas demandées.
Cela ne présume ni de l'avis de la commission territoriale, qui peut convoquer un candidat en visioconférence avec 15 jours de préavis, ni de la décision des structures d'accueil : l'autorisation n'est délivrée qu'aux candidats ayant reçu un avis favorable et retenus par une structure. Une barrière documentaire basse n'est pas une admission facile.
| Dispositif outre-mer | Attestation d'exercice provisoire | Épreuves de vérification (EVC) | |
|---|---|---|---|
| Durée d'exercice exigée | Aucune | 3 ans à temps plein, dont 1 an dans les 3 années précédant le dépôt | Aucune en voie externe |
| Attestation de maîtrise du français | Non demandée | Demandée, sauf dispense | Demandée, sauf dispense |
| Titre de spécialiste | Demandé | Demandé, sauf pour cinq spécialités | Demandé, sauf pour cinq spécialités |
| Qui dépose | Le praticien | L'établissement qui souhaite l'employer | Le praticien |
C'est la limite la plus mal connue. L'autorisation délivrée en outre-mer n'est pas un plein exercice national.
Une réforme de mai 2025 a clarifié la sortie : votre exercice outre-mer peut mener au plein exercice national, à des conditions précises.
Exercice outre-mer
Vous exercez sous le dispositif dérogatoire, dans un établissement et un territoire donnés.
Voie interne des EVC
La voie interne des EVC est ouverte aux praticiens qui détiennent l'autorisation outre-mer et un contrat de praticien contractuel en cours de validité, sans condition de durée. Elle ne comporte qu'une seule épreuve.
Plein exercice national
Après cinq ans d'exercice et la réussite des EVC, vous saisissez la commission nationale, sans refaire le parcours de consolidation.
Trois questions posées à chaque rendez-vous sur l'outre-mer, et leurs réponses telles que les textes les donnent.
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